Seule ressource de la Communauté, la récupération constitue l'activité principale des Communautés Emmaüs. Chaque don fait partie intégrante de la chaîne de solidarité. Le fonctionnement de la Communauté s'articule autour des postes de travail des Compagnons.
Du lundi au samedi le Compagnon standardiste répond aux appels des donateurs et prend rendez-vous pour les ramassages. Deux camions sillonnent une partie du département pour prendre livraison des objets donnés. Les produits qui peuvent être commercialisés, soit directement, soit après réparation, sont remis dans le circuit de la distribution à des prix très accessibles pour tous.
Le produit de cette vente permet de subvenir à la vie de la Communauté, de constituer des provisions pour des travaux, d'entreprendre des actions de solidarité en direction des plus défavorisés dans notre région et vers des pays en voie de développement.
Les Dons
Du don d'objet au don de soi :
Le don est au centre même du fonctionnement d'Emmaüs. Au début de l'histoire du Mouvement, l'Abbé Pierre dit à Georges (ancien forçat et premier Compagnon) : Je n'ai rien à te donner. Mais toi, puisque tu veux mourir, plus rien ne t'embarrasse, alors, avant de mourir vient donc me donner un coup de main pour aider les autres ; après tu feras ce que tu voudras...
"Dépasser la bienfaisance, dire à l'homme perdu tu es nécessaire, viens m'aider, viens m'aider à aider, donner son amitié et apprendre à venir en aide aux autres, apprendre à donner de soi", voilà comment Emmaüs fait du don, une véritable notion de partage.
A Emmaüs fondamentalement c'est l'économie elle-même qui est - qui se veut - une économie de don, de la générosité.
"Le don est un autre système d'échange social. Ce qui est donné circule au service du lien . C'est le cycle donner-recevoir-rendre ou redistribuer. Je donne, de mon bien, de mon temps, de ma personne et par là je signifie que je suis lié. En ce sens, le réseau très large du circuit économique Emmaüs est un système de relations proprement sociales. Ces relations sont irréductibles aux relations d'intérêt économique ou aux relations de pouvoir." (Hervé Le Ru. L'actualité d'une Communauté Emmaüs dans la crise de société actuelle.)
Que donne t-on ?
Des objets, des meubles, des vêtements,des livres...
D'une manière générale, n'hésitez pas à donner à Emmaüs tous les objets utilisables, recyclables ou réparables.
Par exemple une machine à laver trop vieille ou qui n'est plus en état de marche peut-être utile : on peut récupérer les pièces. De même une vieille machine à écrire peut trouver de multiples débouchés chez Emmaüs : objet de collection pour les uns, objet utile pour les autres.
Ils sont triés, restaurés (ou recyclés) puis vendus par les compagnons. Ils font vivre et travailler les communautés. Ils servent également à faire oeuvre de solidarité : les surplus financiers dégagés par les ventes sont employés à aider des personnes en grande difficulté en France comme à l'étranger.
La Récupération
De la biffe à la chine, aux origines de la récupération dans le mouvement Emmaüs.
Début des années 50, l'abbé Pierre n'est plus député. La petite communauté qui s'est crée à Neuilly Plaisance autour de l'Abbé , de Lucie Coutaz et de Georges, le premier compagnon et qui compte alors une quinzaine de membres n'a plus d'argent. Il faut manger.
Alors l'Abbé Pierre décide d'aller mendier dans les rues de Paris. Ce qui ne plait guère aux compagnons qui s'interrogent sur les moyens de survivre. C'est alors que l'un d'entre eux, Auguste Le Gall, un breton, propose : "Je connais un moyen de récupérer de l'argent sans mendier. C'est la récupération dans les poubelles".
Les chiffonniers d'Emmaüs sont nés. La biffe, une activité rémunératrice à l'époque, va permettre de développer des communautés dans toute la France. Au cours des années 80, après les flambées du prix pétrole et des matières premières, le prix de ces dernières chutent considérablement.
La biffe ne permet plus aux communautés de vivre autour de cette seule activité ; c'est alors le développement du bric à brac, qui s'installe sur fond de crise économique, d'accroissement du chômage et d'un engouement du public pour le bric à brac. Depuis, la plus grosse partie du chiffre d'affaires des communautés est réalisée par le bric à brac
La récupération au service de l'environnement :
Cela pourrait être une des devises de la Communauté. Car Emmaüs, association citoyenne, ne peut passer à côté de cet idéal du respect de l'environnement, même s'il n'est pas toujours facile de le mettre en pratique. Dans cet esprit, la communauté s'est engagée dans plusieurs réalisations.
La directive D3E conforte le rôle et l'activité du ferrailleur dans la Communauté.
Cet été s'est mise en place une filière nationale de recyclage des Déchets d'Equipements Electriques et Electroniques (les DEEE ou D3E).
Cette filière, organisée et pilotée par les "éco-organismes", a pour but de s'assurer que tous les D3E seront collectés pour être correctement valorisés selon des normes réglementaires strictes.
Cette filière est dans la continuité d’une démarche écologique de protection de notre environnement .
Nous continuerons donc, comme par le passé à réparer et revendre de nombreux appareils d'électroménager (TV, chaines HiFi, lave-linges, gazinières, ordinateurs etc...). Et les appareils non réemployés deviendront des D3E et seront mis dans la filière pour être dépollués et traités